Repos entre deux journées de travail : faut-il toujours 11 heures ?

En principe, un salarié doit bénéficier d’au moins onze heures consécutives de repos entre deux journées de travail. Des dérogations existent, mais elles sont encadrées et ne peuvent pas devenir le fonctionnement habituel de l’entreprise sans fondement juridique.

Mise à jour en octobre 2026.

Combien d’heures de repos faut-il entre deux journées de travail ?

L’article L. 3131-1 du Code du travail prévoit une durée minimale de repos quotidien de onze heures consécutives.

En pratique, si une journée se termine à 21 heures, la reprise ne peut normalement pas intervenir avant 8 heures le lendemain.

Cette règle s’applique-t-elle à tous les salariés ?

Elle constitue le principe général, sous réserve des régimes particuliers et des dérogations prévues par les textes.

Des règles spécifiques peuvent notamment concerner certaines activités nécessitant une continuité de service, des interventions fractionnées ou des situations d’urgence.

Une convention collective peut-elle prévoir moins de 11 heures ?

Oui, dans les conditions prévues par le Code du travail. Un accord d’entreprise, d’établissement ou, à défaut, de branche peut déroger à la durée minimale de repos quotidien pour certaines activités et selon des modalités encadrées.

Il faut donc vérifier précisément le texte conventionnel applicable avant de considérer qu’une réduction du repos est régulière.

L’employeur peut-il réduire le repos en cas de surcroît d’activité ?

Des dérogations peuvent également être prévues, à défaut d’accord, en cas de surcroît exceptionnel d’activité dans les conditions fixées par les textes réglementaires.

Le caractère exceptionnel de la situation doit alors pouvoir être justifié.

Le temps de trajet compte-t-il dans les 11 heures ?

Le repos quotidien correspond à une période pendant laquelle le salarié n’est pas tenu de travailler. La qualification du temps de trajet dépend de sa nature et des contraintes imposées. La même vigilance s’impose en cas d’astreinte avec téléphone, lorsque les contraintes imposées au salarié limitent fortement sa liberté.

Lorsqu’un déplacement constitue du temps de travail effectif, il doit naturellement être pris en compte dans l’analyse de l’heure réelle de fin ou de reprise du travail.

Que faire si les 11 heures ne sont pas respectées ?

Le salarié peut conserver les plannings, relevés de pointage, mails, messages et tout élément permettant de reconstituer les horaires réellement accomplis.

Un signalement écrit peut également être utile lorsque les amplitudes de travail sont répétées ou affectent la santé et la sécurité.

Quels points l’employeur doit-il vérifier ?

Avant d’organiser des horaires rapprochés, il faut notamment contrôler :

  • les heures réelles de fin et de début de poste ;
  • la convention collective ;
  • l’existence éventuelle d’une dérogation valable ;
  • la fréquence des réductions de repos ;
  • et les éventuels temps de déplacement ou d’intervention entre deux prises de poste.

Références : articles L. 3131-1 à L. 3131-3 du Code du travail.

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